Le garçon du métro
Le métro lyonnais un samedi après-midi.
Ma valise et moi en route vers la gare et le train qui me ramènera chez moi après 2 journées de travail intensif et une de détente dans cette ville que j’apprécie.
A côté de moi, une mère avec ses 3 filles s’amusent. De passage occasionnel dans la ville sans doute, elles se prennent en photo ensemble dans le métro ou l’une après l’autre etc...
Juste après une station j’entends cette formule tellement fréquente dans un autre métro, le parisien : «Mesdames, Messieurs je vous demande un peu d’attention etc...»
Sauf que cette voix là a les accents de l’enfance.
Il doit avoir 8-9 ans, il a la peau foncé qui signe son appartenance à ce truc très fourre-tout qu’on appelle «les Roms» sans que j’ai jamais bien compris en quoi ça consistait vraiment.
Il se met à jouer d’un truc, que je n’oserai qualifier d’instrument tellement le son produit est atroce et te donne immédiatement envie de vider ton porte-feuille afin que ça cesse, avant de faire l’aumône dans le wagon.
Comme j’ai vu des dizaines d’adultes le faire à Paris ...
Mais lui ce n’est pas un adulte justement.
C’est un enfant.
Deux des petites filles à côté de moi ont a peu près le même age que lui.
Et en attendant la prochaine station qui l’emmènera vers le wagon suivant je surprends son regard.
Il contemple les petites filles qui s’amusent et qui rient à côté de moi... comme des enfants de cet âge-là.
Pire que tout, dans ce regard j’y lis l’envie. Cette faim dévorante de jouer et de rire aussi au lieu d’aller mendier dans le métro.
Coeur qui saigne.
Qu'a fait ce gamin si ce n'est de ne pas naitre du bon côté?
Rien.
Est-il scolarisé au moins la semaine?
J'en doute.
Que faisons-nous pour que cela change?
Rien.
Je sais que jamais tous les problèmes du monde ne pourront être réglés, les malheurs évités, la pauvreté éradiquée et encore moins juste par la France mais bordel c’est un enfant! Lui aussi il devrait rire, jouer et s’amuser. Personne ne peut rien pour cet enfant? Aucune solution humaine et chaleureuse?
Je ne parle pas de lui donner des papiers (qu'il a peut-être), un toit et de l'argent. Je parle juste de lui donner le droit et le temps d'être ce qu'il est : un enfant.