Félicie ... aussi.
Je me souviens quand elle m'avait dit qu'elle était enceinte.
Je m'étais dit que c'était courageux.
Vraiment très courageux.
Je m'étais demandée si j'aurais un jour ce courage.
On ne passe pas son temps à annoncer des mauvaises nouvelles, voire des très mauvaises, à cotoyer la maladie, les larmes et la mort, sans en être marquée.
Même en faisant de son mieux pour maintenir tout ça à distance.
On n'oublie pas facilement ces images d'adorables petits bouts à la peau rendue translucide par ces médicaments qui soignent autant qu'ils abiment.
On apprend vite à ne pas croire que "ça n'arrive qu'aux autres" et à se dire qu'un jour on pourrait bien passer de l'autre côté du miroir. Assise sur le siège d'en face.
Je m'étais demandée comment elle arrivait à mettre tout ça de côté.
A ne pas penser au pire pour ne garder que le meilleur, que le beau.
Je me souviens quand elle m'avait annoncée la naissance de sa fille.
Félicie.
Oui comme dans la chanson "Félicie aussi" de Fernandel. Je suis sûre que vous avez pensé à ça. Comme 99% des gens.
Moi je fais partie des 1% restants.
Je n'ai pas pensé à cette chanson. Jamais.
Il m'a fallu les ricanements dans les couloirs, l'air siffloté etc... pour comprendre.
Ah oui ... Félicie comme la chanson.
Je me souviens quand elle m'avait dit ce prénom que j'avais trouvé ça beau.
Très réfléchi aussi et ... très drôle.
Comme un pied de nez à la vie. A la mort surtout et au malheur.
Félicie ça veut dire heureux. C'est la même racine que félicité.
Et il est des couloirs où l'on en a bien besoin...
J'espère juste que ce petit bout croisera le plus tard possible le gros con/la grosse conne.
Celui ou celle qui la regardera avec un regard bovin en couinant "hin hin tu t'appelles Félicie? Comme la chanson? hin hin", la faisant peut-être haïr son prénom.
Et détruisant au passage cette jolie chose que ses parents lui ont donné par son prénom.