Famille je vous hais-me
L'approche de Noel est toujours une période propice pour moi à la réflexion sur la famille.
Ce n'est pas trop étonnant vu que c'est la seule fête que je considère vraiment comme familial.
J'aime bien Noel, je l'ai déjà dit ici et je le répète.
Noel c'est une période où ma famille fait une trêve dans sa guerre perpétuelle.
Enfin ... ou elle essaye.
Non parce que vu ma dernière conversation avec ma grande soeur à base de "oui de toute façon, comme je dis à ma mère mon père, ca restera toujours mon père mais uniquement de nom" je me dis que c'est pas prêt de se régler entre ma soeur et mon père ...
Faut dire que c'est un crétin.
Un vrai crétin.
Mais je suis moins prête à rompre définitivement les amarres avec mon père que ma soeur dit l'être.
Alors que mon père semble plus le craindre.
Moi j'ai établi une distance de sécurité avec ma famille oui.
Mais je ferais tous les efforts qu'il faudra pour ne jamais en venir à couper les ponts définitivement un jour.
Pas que j'estime que la famille c'est au dessus de tout et qu'on doit forcément aimer sa famille.
Non.
Mais les gens de ta famille (proche , pas ton cousin au 25e degré) et bien ce sont quand même des gens spéciaux.
J'ai des souvenirs avec eux que je n'aurais jamais avec personne d'autre.
Je parle souvent du négatif avec mon père mais il n'y a pas et il n'y a pas eu QUE du mauvais!
J'ai aussi de beaux souvenirs avec mon père et ma famille en général de mon enfance ou plus récent.
Des souvenirs de nos jeux sur la plage avec ma grande soeur, des calins de mon père et de son odeur.
De quand mon petit cousin est né et qu'on m'a laissé le prendre dans mes bras alors que je n'avais que 6 ans.
Mon père ne pourra jamais être réduit au role de géniteur.
Même s'il a déconné plein de fois.
J'ai une histoire commune avec lui, une histoire qui n'appartient qu'à nous.
Et puis ma famille, aussi pourrie soit-elle, je lui dois ce que je suis aujourd'hui. Le bon comme le mauvais.
Me priver de mon histoire, de mes origines, des secrets, des pleurs, des cris, des drames et des rires de ma famille ne les feront pas disparaître d'un coup.
Ca ne les effacera pas, rien ne peut plus les effacer.
Qui plus est, je me dis, le jour du bilan, quand tout ceci touchera à son terme, si j'ai le temps de me retourner sur ma propre vie, me dirais-je que finalement c'était si grave? Que la brouille était méritée, que la rupture était nécessaire?
Mon père n'est pas un monstre, il n'abuse pas des petites filles, il ne les torture pas, il ne s'amuse pas à me faire souffrir.
(Enfin pour ce que j'en sais)
C'est juste un gros crétin.
Les engueulades, les brouilles, les disputes je trouve toujours ça con en fait.
Quand ma grand mère est morte, son frère et sa soeur qui étaient brouillés depuis 30 ans se sont réconciliés au terme de l'enterrement. Comme si conscient de leur propre mortalité, ils s'étaient dit que leur fierté, leur orgueil, leur rancoeur n'en valaient pas la peine.
Depuis ils se voient très régulièrement, ils s'appellent et c'est comme si ils n'avaient jamais été brouillé.
Mais en attendant ils ont perdu 30 ans ... et si ma grand mère n'était pas morte avant eux, ils auraient pu ne plus jamais s'adresser la parole.
L'autre jour je parlais avec quelqu'un de ces enfants reniés par leurs parents...
De ce qu'on peut ressentir.
De la rupture qui peut amener à ça.
Ca m'a rappelé un truc presque familial encore...
Ma grande soeur (nb pour les nouveaux : qui n'est en fait que ma demi grande soeur, même père mais pas la même mère tout ca tout ca) a du coté de sa mère, une tante et un oncle.
Oncle qu'elle n'a jamais connu.
Bien avant sa naissance, son grand père maternel (qu'on n'a donc pas en commun toussa, suis un peu bordel même si c'est compliqué! Et encore je pourrais faire pire en te parlant des parents de ma belle-mère!) (j'en ai perdu combien?) s'est brouillé avec son fils (l'oncle de ma soeur).
Au point de le fils a rompu tout contact avec sa famille, y compris ses deux soeurs.
Personne ne sait ce qu'il est devenu, personne ne sait où il vit, personne ne sait s'il est encore vivant.
Peut-être que je me trompe, mais je ne peux pas m'empêcher de croire qu'avant de se suicider, le grand père de ma soeur n'aurait pas aimé revoir son fils ou même savoir ce qu'il était devenu.
Et que ce fils, s'il est toujours en vie, n'aurait pas aimé savoir que son père était parti.
Alors oui, l'organisation de Noel sera un peu sportive cette année encore avec mon père et ma soeur, mais je suis sure que le réveillon et le jour de Noel seront des beaux moments quand même.
Et j'espère qu'un jour ma soeur arrivera à s'avouer que malgré toutes les imperfections dont il est pourvu, elle l'aime quand même notre père.