Silent thought
Je me souviens de l'ancien temps.
Celui où j'écrivais ici avec insousiance.
Avec inconscience même.
Je n'avais pas peur d'être jugée.
Je m'en fichais.
L'avis d'inconnus m'a toujours peu importé.
Aujourd'hui j'écris différement.
Je trouve que c'est normal et logique.
A partir du moment où on sait être lu par des gens avec qui on a des liens, leur avis importe.
Leur jugement est craint.
Mais il y a une chose qui me gêne dans ce qui me retient d'écrire parfois.
Quand ce n'est pas tant le jugement qu'ils vont porter sur moi que la violence de leur réaction.
Quand je sais qu'ils vont penser à eux avant de penser à moi.
Qu'ils vont me blesser en étant trop durs, trop tranchants.
Ici c'est chez moi.
J'y montre ce que je veux.
J'y dis ce que je veux.
Même si ça doit les choquer, les déranger, les agacer, les énerver.
J'en ai marre de devoir penser à eux avant de penser à moi!
Que même ici je ne puisse montrer mes tripes sans me manger ...
Sans me manger quoi d'ailleurs?
Des reproches, de la colère, de la gêne?
Je ne sais pas bien.
J'ai seulement l'impression que je n'ai pas le droit d'être en inadéquation avec l'image que les autres ont de moi.
Ici comme dans la "vraie vie".
Et j'en ai assez que les choses se répètent.
Marre qu'on me refuse le droit de faire preuve de faiblesse pendant 2h.
Juste 2h.
Un texte reste écrit dans le marbre mais il correspond à un moment donné.
Frustrée de ne pas savoir m'exprimer de manière à être comprise.
Déçue de ne pas me sentir libre de parler comme j'en ai envie.
Dans ce cas un seul refuge ... le silence.
Et il ne faut pas s'étonner que je ne dise plus rien.