Le temps qu'il nous reste
(1700e billet ... et oui c'est pas très festif. Tant pis. La vie n'est pas toujours festive. Cherchez pas, c'est novembre, le mois de la cogitation intensive.)
On a tous des idées préconçues sur tout et surtout sur n'importe quoi ...
Je crois qu'une des choses qui déclenchent le plus d'idées préconçues c'est la mort.
Pas que j'ai plus d'informations que vous sur ce qui nous attend après... je laisse les différentes religions vous présenter leurs catalogues d'options respectives.
Non moi je parle de ces idées qu'on a sur nous-même si jamais demain on nous annonçait une maladie incurable ou une impasse thérapeuthique.
On se rêve tous formidablement courageux et forts. Sorte de héros des temps modernes affrontant cette nouvelles sans peur et sans regrets. Des gens prêts à mourir dignement.
Il est plus que probable que vous vous disiez que vous voudriez savoir. Que les médecins vous disent tout. Tout de votre maladie, du temps qu'il vous reste, de comment les choses vont évoluer.
La vérité crue.
Peut-être que vous vous dites cela parce qu'ainsi vous auriez le temps de voyager (un peu), de faire tout ce que vous avez toujours voulu faire sans en prendre le temps, de mettre vos affaires et vos papiers en ordre avant de partir ...
La vérité c'est que vous n'avez aucune idée de comment vous réagiriez face à une annonce pareille.
Accepteriez-vous vraiment qu'on vous le dise? Seriez-vous prêt à l'entendre?
C'est toute la difficulé pour les médecins de savoir vous dire les choses que vous pouvez entendre. Les choses que vous voulez entendre.
Arriveriez-vous à entendre que votre vie touche à son terme?
Arriveriez-vous à renoncer à l'espoir?
L'espoir est une chose persistante ...
La vérité c'est que vous ne pouvez avoir aucune idée de comment vous réagiriez face à une annonce pareille.
Auriez-vous le temps de faire avant de mourir tout ce que vous n'avez jamais pris le temps de faire?
De dire tout ce que vous n'avez jamais dit?
Vous n'en savez rien... Moi non plus d'ailleurs.
Alors gardez vous bien de développer vos raisonnements à la con sans savoir.
Gardez vous de dire que vous de toute façon si ça vous arrivait, vous feriez ce qu'il fallait pour ne pas devenir un légume!
Gardez vous de crier partout que vous de toute façon vous voudriez tout savoir et que vous seriez assez fort pour le supporter!
Mais vous devriez peut-être commencer dès aujourd'hui à faire tout ce que vous voudriez faire avant de mourir ...
Parce qu'après tout c'est peut-être une crise cardiaque qui vous emportera demain ...