Une douce flamme

Publié le par Shaya

Je choisis généralement mes livres au hasard. Au fil de mes lectures de 4e de couverture.

Foin des critiques dans les magazines et des derniers "hit".

Je ne me laisse mener là où mes yeux me portent et je suis éventuellement les recommandations que mon libraire inscrit sur les livres.

(Mon libraire n'est pas la Fnac mais j'ai vu dernièrement qu'ils faisaient ça eux aussi depuis peu... copieur! Mon libraire le fait depuis des années!)

 

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Une douce flamme - Philip Kerr

 

Ce livre là est donc un livre du hasard et de l'envie comme d'habitude.

Ce qui explique que je n'ai pas lu les livres précédents écrits par le même auteur avec le même personnage principal.

Mais on s'en passe très bien si ce n'est qu'on se demande comment le personnage principal, Bernie Gunther, s'est débrouillé pour se retrouver en Amérique du Sud.

 

Au delà de l'intrigue policière, d'excellente facture, ce livre m'a particulièrement marquée parce qu'il est l'occasion d'une plongée passionnante et réaliste dans l'Argentine des années 50, dirigée par une main de fer par Peron et qui accueille a bras ouverts les anciens criminels nazis.

L'auteur y mêle aussi des flashbacks qui permettent de se rendre compte de l'ambiance pesante de l'Allemagne de l'année 1932 avec la montée inexorable du nazisme, de la violence et de l'antisémitisme dans ce pays sans que quiconque y fasse rien.

Je pense que plus que le reste, c'est l'aspect historique - quand bien même cela reste une fiction - qui m'a rendu ce livre si particulier. Je ne m'étais jamais intéressée à l'histoire de l'Argentine, je ne savais que dans les grandes lignes à quel point les criminels de guerre avaient trouvé un refuge douillet en Amérique du Sud, et j'avais pareillement appris les grandes (et floues) lignes de l'arrivée au pouvoir d'Hitler sans jamais avoir un éclairage aussi cru que celui apporté par ce livre.

 

Qui plus est, Bernie Gunther est un homme cynique a l'humour corrosif (et noir) et je n'ai jamais su résister à ce type d'homme.

J'admire d'ailleurs le talent de l'auteur qui arrive à faire des blagues très drôles sur un sujet qui ne l'est pourtant pas du tout, le nazisme et les crimes commis pendant la 2e guerre mondiale, sans jamais tombé dans le vulgaire ni dans l'insultant pour la mémoire.

(Comme quoi on peut rire de tout)

 

Accessoirement - enfin pas tant que ça - ce livre m'a glacée pour une autre raison.

J'y ai trouvé un écho beaucoup trop évocateur de choses qui se passent actuellement sur la scène publique française.

Trop de boue balancée dans tous les sens, trop de scandales, trop d'opinion endormie ou manipulée, trop de choses inadmissibles qu'on considère comme normales.

Cet impression de recommencement, quand on sait comment ça s'est fini la dernière fois, je m'en serais bien passée. Et ça n'est pas la faute du livre.

 

Eternelle vigilance?

 

Je vais me précipiter sur les autres livres écrits par le meme auteur, avec le meme personnage principal et sur ce meme moment de l'histoire qu'est la 2e guerre mondiale.

Publié dans Je lis donc je suis

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