Fille unique ..... mais pas vraiment.

Publié le par Shaya

Hier, en assistant à une de ces scènes de famille pénibles (enfin moi je les trouve pénible), je me suis rendue compte que finalement j'avais de la chance.

En l'occurence je voyais un père engueuler injustement son fils ainé (pas loin de l'adolescence), suite aux hurlements stridents d'une de ses petites soeurs (sa voix m'a donné envie de lui couper les cordes vocales en 2s, record battu. Je plains sa famille juste pour supporter ça quotidiennement) à propos d'une porte qu'il aurait claqué sur elle.

Pour avoir assistée à toute la scène, non il n'a pas "claqué" la porte sur elle.

 

Mais malgré ses dénégations à lui et ses tentatives pour s'expliquer, son père lui hurlait dessus.

Qu'il devait prendre soin de sa petite soeur et faire attention et gna gna gna.

 

J'ai toujours envie en assistant à ce genre de chose d'aller m'en mêler tellement l'injustice m'agace.

Sauf que j'ai appris à fermer ma gueule.

C'est toujours facile de juger quand on est extérieur au cercle.

 

Il n'empêche je me suis dit que j'avais de la chance.

Celle de n'avoir jamais assisté à une scène de ce type en tant que partie prenante.

Dans le sens où ... je suis fille unique ............ mais pas vraiment.

 

Oui parce que j'ai une famille un peu compliquée.

Je suis fille unique du côté de ma mère et j'ai 2 (demi-) soeurs et un (demi-) frère du côté de mon père.

Les demi (non pas la bière!) (je précise ça, c'est pour mon lectorat alcoolique!) (et ils sont nombreux à l'être dans mon lectorat!) sont entre parenthèses car je ne parle jamais d'eux en tant que demi-frère ou demi-soeur.

Ce sont mes soeurs et mon frère. Dans ma tête.

 

Pourtant en voyant ce gamin se faire pourrir par son père à cause de sa soeur je me suis dit que n'ayant pas grandi avec mes soeurs et frère (oui je change l'ordre des mots si ça me chante!) je n'avais que ce qui fait le sel de ces liens.

Pas l'amertume.

 

Je n'avais eu à subir la jalousie, ni à être jalouse des attentions de mes parents pour les autres.

Jamais eu à partager mes jouets.

Jamais eu à m'engueuler avec eux. Ni à supporter les petites saloperies qu'on se fait.

J'ai juste reçu les jeux communs, les rires, les calins aussi avec les 2 petits.

Pas de mauvais souvenirs de mes relations avec eux.

Je ne me suis jamais faite engueuler à cause d'eux ou d'un de leurs mensonges.

Du coup j'ai une vision assez idéalisée des relations frère-soeur.

 

L'honnêteté me pousse à reconnaitre que les liens ne sont pas les mêmes non plus avec tous.

Je suis chronologiquement la 2e et je n'ai que 2 an 1/2 d'écart avec ma grande soeur. Même si nous avons grandi chacune chez nos mères respectives, nous avons un lien très fort toutes les deux. Elle est la seule personne de ma famille sur qui je sais pouvoir toujours compter, elle prend soin de moi sans m'étouffer.

Et dans ma tête elle est MA soeur. Aussi injuste que cela puisse paraitre pour ma petite soeur, dans ma tête quand on me parle de ma soeur c'est à elle que je pense.

 

D'ailleurs j'avais fait une énorme bourde il y a 2 ans avec ma belle-mère. Elle m'avais écrit un mail dans lequel elle me disait que ma soeur cherchait je ne sais plus quoi, et j'avais répondu en pensant à ma grande soeur et en la citant elle, alors qu'il s'agissait de la petite...

La réponse de ma belle-mère avait été assez ... froide.

 

J'ai trop d'écart d'âge avec ma petite soeur et mon petit frère pour me sentir vraiment dans une relation frère-soeur (ou soeur-soeur) avec eux.

Je suis arrivée le lendemain de la naissance de ma petite soeur, je me souviens des biberons, des couches et des pleurs la nuit (ma petite soeur a fait sa première nuit la veille de mon départ...).

Pour les deux petits, ma grande soeur et moi sommes plus comme des tantes ou des substituts de maman.

Il n'y a pas eu les chamailleries que partagent les petits ... parce quand ma petite soeur s'est collée un jour à mon père en me regardant droit dans les yeux et en me disant "c'est MON papa", j'étais assez mature pour ne pas me mettre à hurler ou lui tirer les cheveux parce que c'était aussi MON papa.

(En vrai, j'ai juste éclaté de rire, elle avait 3 ans, j'en avais 14, ça ne m'a absolument pas atteinte)

 

Oui hier en voyant ce pauvre gosse se faire engueuler pour rien, j'ai réalisé la chance que j'avais.

Je crois d'avoir grandi en ayant tous les avantages des fratries sans jamais en avoir eu les inconvénients.

Publié dans Me - I and Myself...

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Poulpy 11/04/2011 13:12



Oh ben tu sais, les soeurs à domicile, on s'y fait. Sacrifier ma salle de jeu pour lui faire une chambre? Même pas rendu compte, mes parents ont eu l'idée géniale d'aller chercher un chien à la
SPA un mois avant la ponte, ça sauve une fratrie, crois-moi.


Et ça m'a drôlement aidé à grandir (le chien, mais aussi la soeur), parce qu'avant, j'étais la petite merveille, unique, fragile, le centre du monde en gros, on faisait tout à ma place. Etre
élevée en fille unique par ses deux parents, c'est pas pareil ^_^


Et à propos d'injustices et de façons de parler/penser, tu me fais penser à ma mère, qui m'a expliqué l'autre jour qu'elle parlait toujours de MA grand-mère (en parlant de sa belle mère) et que
ma soeur lui avait recement dit que bordel, c'était sa grand-mère à elle aussi. Même si elle était morte un an après ma naissance et 5 ans avant celle de ma soeur (et si tu sais compter sur tes
doigts tu comprends donc que j'ai 6 ans de plus que ma frangine, bravo ^_^).



Shaya 11/04/2011 14:07



Piouf j'ai eu du mal, j'ai du prendre mes deux mains pour compter! ;-)


 


J'ai eu l'impression d'être la petite merveille unique et fragile.