C'est une maison bleue

Publié le par Shaya

J'ai souvent l'impression d'être un port.

Avec un "T" à la fin oui. Pas un "C", je ne me suis pas trompée dans l'orthographe.

 

Une crique abritée serait sans doute une comparaison plus poétique.

Bref tout ceci n'est que sémantique.

Dans le fond ça reste pareil...

 

Je suis un de ces endroits où l'on vient se ressourcer.

Refaire le plein, attendre que la tempête se calme, que le temps se remette au beau, vider ses cales etc...

Un port je te dis.

 

Ca n'est pas nouveau.

 

J'ai toujours rêvé d'avoir une grande maison dans un coin perdu de la nature avec plein de chambres pour accueillir les gens qui avaient besoin de faire un break.

Le temps de se reposer, de poser le fardeau que chacun porte sur son dos, de reprendre son souffle, de parler, d'avoir du temps pour soi, de se reconstruire, d'aplanir les difficultés ...

 

Je crois avoir offert ça à un certain nombre de personnes au fil des années.

Sans avoir la grande maison perdue dans la nature, sans forcément être physiquement proche.

Souvent juste avec des mots et du temps.

 

Mais on ne reste pas amarré dans un port.

On y reste juste un temps.

Celui dont on a besoin.

Et puis on repart ...

 

Avec moi aussi les gens repartent.

Dire que ça ne me fait rien serait mentir...

Parfois ça fait juste un petit pincement au coeur, parfois c'est plutôt du domaine du déchirement.

 

N'être plus rien quand on a été tant.

Ne plus rien partager quand on a été celle à qui l'on disait tout.

Parfois j'aimerai qu'il en soit autrement.

Que certaines personnes restent plus longtemps.

Que la transition vers autre chose se passe.

Garder le contact autrement que de loin en loin. Continuer à se parler, à rire, à échanger.

 

Ne pas devenir un souvenir.

Aussi intense soit-il.

Publié dans Me - I and Myself...

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