Bad Karma

Publié le par Shaya

Il y a des jours qui laissent un gout amer dans la bouche.

Des journées où tu te dis que la vie est vraiment une pute qui se fout bien de la gueule du monde.

 

Mme A. est une femme d'un peu plus de 50 ans, d'origine algérienne, mariée et avec 2 fils qu'elle a eu assez tard puisque le 2e vient tout juste de fêter ses 14 ans.

A leur arrivée en France, avec son mari ils ont travaillé dur pour s'intégrer, pour obtenir la nationalité française et pour se créer une vie stable avant d'avoir leurs enfants.

Quand une surdité a été diagnostiquée sur leur 2e enfant après sa naissance, ils se sont dit qu'ils avaient eu raison.

Leur fils a été appareillé, encadré et bien suivi, mais - et l'adolescence n'aide pas - il est un enfant difficile qui pose beaucoup de souci à ses parents.

 

Mais depuis 30 ans qu'elle est en France, Mme A. n'a jamais été suivi en gynécologie en dehors de ses deux grossesses.

Pas de mammographies, pas de frottis, pas de palpations.

Mais un médecin généraliste qui s'est fâché il y a un mois de ce manque de suivi et a réussi à négocier avec elle un check-up complet.

With mammographie.

Bien lui en a pris.

 

Deux tumeurs cancéreuses dans le sein gauche ont été repérés.

Le parcours de prise en charge classique qui commence : oncologue, biopsie, opération.

Et là un petit temps de pause avant d'envisager la suite...

 

Ca aurait du être un temps de pause.

Si Mme A. n'avait pas eu rendez-vous la veille de son opération dans un autre service, celui d'ophtalmologie.

Pas pour elle. Pour son plus jeune fils. Intriguée de le voir se cogner dans les portes elle avait décidé de l'emmener consulter.

Et le diagnostic qui tombe comme un couperet. Au moins autant que celui reçu quelques semaines plus tôt concernant son cancer du sein.

Rétinite pigmentaire.

En fait un syndrome d'Usher .

A terme la cécité. Aucun traitement.

 

Et cette question angoissante pour Mme A. et son mari : comment lui dire?

Comment dire à ce gamin qui souffre de son handicap qu'un deuxième va se sur-ajouter?

 

Au point que Mme A. en vient à penser que c'est la faute de son cancer si son fils a ça et que si elle mourrait, ça guérirait son fils.

(Et ça lui épargnerait d'avoir à lui dire)

 

Ca fait beaucoup à encaisser d'un seul coup ...

Comme si la vie n'avait pas pu étaler les mauvaises nouvelles.

 

(Shaya fait trop dans la joyeuseté pour le 1er avril! Et encore elle aurait pu faire pire!)

(Ca vous changera des conneries lues ailleurs!)

(Oui Shaya a décidé de parler d'elle à la 3e personne! Mouhahaha!)

Publié dans Monde de merde

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